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 Mes écrits (extraits) (le 08/07/2007 à 23h25)

PIETRO

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Mes pieds s'enfonçaient dans le sable, ralentissant ma progression, et je distinguais de moins en moins nettement la voiture, masquée par un nuage de poussière qui me brûlait les yeux et la gorge. (...) En quelques secondes j'étais à moitié ensevelie, mes jambes paralysées par le poid du sable et ma respiration sérieusement entravée par la même substance incrustée partout. (...) Constatant une accalmie, je relevai la tête et entrouvris suffisemment les yeux pour apercevoir deux jambes s'approcher. Les bas de pantalon voletaient autour des mollets. Devant cette apparition si bêtement et agréablement humaine, je récupérai assez de force pour me retourner sur le dos (t'es foutue la tortue...) J'halètai et recrachai le sable qui obstruait ma bouche, avant de jeter un oeil vers mon sauveur. La sournoise sensation de mort imminente m'étreignit de nouveau avec violence, m'enserrant le coeur de ses doigts glacés, barrant à l'air l'accès à mes poumons en feu. Pétrifiée, je n'aurais pu l'être davantage, alors qu'au dessus de moi se dressait cette silhouette si familière et pourtant si terrifiante.

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Je me redressai, sans doute trop vite, et un vertige me fit perdre l'équilibre. Je renversai quelques babioles en me rattrapant lourdement à la commode, un hoquet de surprise s'échappant de ma gorge. Je ne l'avais ni vu ni entendu. Pietro était assis juste à mes pieds, immobile et scrutateur. "Ne te moque pas de moi, fis-je. Cette histoire m'affecte autant que toi." Il ne bougea pas lorsque je le contournai pour m'asseoir sur le lit, mais ses yeux ne me quittèrent pas et j'eus la désagréable impression qu'il allait me répondre. Surtout ne fais pas ça, je t'en prie, même si tu le peux. Je repoussai vite cette idée idiote, enfilant mes bottes en espérant que la glissière m'épargnerait cette fois.

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"Ca vient d'en bas...", chuchota-t-il, tandis que nous descendions les escaliers à pas de loup. Mon coeur cognait violemment sous mes côtes, me donnant l'impression d'émettre un son assourdissant. (..) Pendant que je restai interdite, au milieu du salon, fixant la porte entrebaillée, Jacques avait pris une lampe torche dans le tiroir du bahut. Nous sortîmes dans l'air frais de la campagne, mon homme me prédédant avec son halo éclairant faiblement la nuit. Devant nous s'étendait, noire et dense, la forêt de hêtres baignée de cette brume collante et épaisse. Soudain, élevant la voix, Jacques me fit bondir. "Pietro!" appela-t-il. (...) J'ouvris les portes à la volée, le souffle court, il n'y avait pas trace de mon chien. Je retournai auprès de la terrasse, fébrile, et aperçus le rayon lumineux de la lampe de poche s'agitant à la lisère de la forêt. Sans réfléchir, en pantoufles et chemise de nuit, je m'élançai en direction de la lueur s'amenuisant entre les arbres. A mi-chemin, je me retrouvai pieds-nus, entraînant dans ma course des feuilles mortes et des brindilles humides en guise de semelles.

 

 

 

 

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 Mes écrits (extraits) (le 10/07/2007 à 19h34)

A LA RECHERCHE D'UN MONDE MEILLEUR OU LA PRINCESSE EGAREE

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Occupée à détailler toutes ces nouveautés émoustillantes, Rose de nacre ne vit pas le jeune homme devant elle, qu'elle percuta de plein fouet avant de s'effondrer dans ses bras au beau milieu des bookmakers. Sonné, tant par l'innatendu de la situation que par la surprenante créature "tombée du ciel", le jeune homme resta d'abord interdit, essayant de comprendre ce qui lui arrivait. La princesse mit également quelques secondes à réagir, fixant de ses yeux équarquillés le visage inconnu, à quelques centimètres du sien.

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"Ah! Si tout était si simple, douce Candide! soupira Théodore, mais dans notre monde les gens ont droit à plusieurs coups d'essais en amour. C'est ce qu'on appelle être prudent."

"Avoir peur, tu veux dire! Rétorqua Rose de Nacre, et puis la prudence et l'amour sont bien antagonistes. La passion amoureuse rend les gens déraisonnables, c'est vrai, mais tellement heureux, ce qui est essentiel, tu ne crois pas?"

"Ce devrait, être, en effet, l'essentiel, mais il se trouve que ça nel'était pas pour mon ex. Ni pour les autres d'ailleurs!"

"Tu as eu beaucoup de coups d'essai?" s'exclama Rose de Nacre, bouche bée.

"J'ai surtout eu beaucoup d'échecs, mais je compte bien me rattraper durant les prochains siè.. les prochaines années..."

"Je suis sûre que tu trouveras ta moitié, fit la princesse, légèrement grisée par le vin. Tu as toutes les qualités requises, de mon point de vue en tout cas!" Elle se sentit rougir suite à cette révélation inopinée.

"Voilà qui me donne envie d'un dessert! Conclua Théodore. Puis, remarquant le teint empourpré de sa convive, "Tu as chaud? Prend une glace!"

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"Ecoute, fit Théodore, embarassé, comme tu l'as dit, nous ne sommes pas du même monde, et tu rentreras chez toi un jour proche, alors..."

Elle le sermonna avant qu'il ne termine. "Mais arrête! Nous n'allons pas nous marier, ceci serait contraire au code d'honneur de ma famille. Ce que nous avons fait tantôt ne doit pas se reproduire, mais je consens néanmoins à préserver notre amitié... si tu es d'accord."

"Ma petite Rose, soupira Théodore, soulagé, je suis bien avec toi et tu resteras ici le temps qu'il faudra (...) Replongé dans de douloureux souvenirs, il ne voulait pas s'y noyer. "S'il te plaît, je n'ai pas besoin de tant de compassion. Je veux juste que... qu'on s'entende bien. Profitons du temps qu'il nous reste à passer ensemble."

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Au même instant, Darius se préparait une soupe tomates et vermicelles en écoutant un vynil usé des Stooges, dont la dernière note crépita avant extinction complète. L'ancien sorcier avait baissé les stores mais entrouvrit les fenêtres afin de profiter à présent des petits bruits nocturnes. Là, une stridulation, ici un hululement, là encore un croassement prénuptial... Les petits bruits se turent subitement pour laisser la place à un plus gros. Des pas s'avançaient sur le seuil. Avant que Darius ne parvienne à l'entrée, trois coups secs furent frappés. N'attendant aucune visite, il entrebaîlla prudemment la porte et arbora une mine mâtinée de surprise et de dureté.

"Ca faisait longtemps... grogna-t-il, dois-je vraiment t'inviter à entrer?"

"Ce ne sera pas nécessaire." répondit une voix, juste avant que le magicien ne soit saisi et emporté dans la nuit.

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Théodore et Rose de Nacre aperçurent le magicien sur la terrasse, lisant à la lueur d'une lanterne rouillée accrochée à la tonnelle. Il releva sa tête couronnée de moucherons et alla à leur rencontre. "Bienvenus, jeunes gens! Installez-vous, je vais vous chercher à boire!" Et il s'engouffra par la porte, ressortant quelques minutes plus tard chargé d'un plateau garni de trois grands verres et d'une carafe de jus de fruits. "Vous n'imaginez pas comme je suis content de vous voir, les enfants! Comment va votre mère?" demanda le vieil homme avec un sourire édenté. "Pardon?" fit la princesse, l'air perplexe. Théodore prit la suite. "Maître Magnus, nous sommes venus vous rapporter l'écusson que vous aviez égaré." Le vieillard sembla mûrir quelques instants ces propos puis, se reprit. "Excusez-moi, je perds un peu la mémoire... Il est vrai que vous m'avez téléphoné tout à l'heure. J'aurais perdu mon écusson, dites-vous?"

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Hector, le pellican-voyageur, fut de retour avant le dessert. Après avoir retiré la réponse de sa poche humide, on lui donna du poisson frais et Rose de Nacre lut pour tout le monde:

Comment osez-vous me faire chanter?! Je me rends de ce pas chez Magnus afin de récupérer mon bien. ps: j'ai bien reconnu cet imbécile d'oiseau, vieux fou!

Levant les yeux du papier imbibé, Rose de Nacre s'emporta. "Qui lui a demandé de chanter à cet énergumène?! " (...)

Un vacarme l'interrrompit brutalement. La porte d'entrée venait de claquer rageusement contre le mur, décrochant au passage le pellican en mat crâmé de la précieuse collection de Magnus. Tous les regards se tournèrent vers l'intrus: un homme âgé, au visage plissé à tel point que ses yeux n'étaient plus que deux fentes sous les rides. Il était de petite taille mais ne semblait pas d'un caractère facile. Sa bouche rectiligne paraissait scellée sur une colère prête à exploser.

 

 

 

 

 

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 Parmi mes auteurs favoris (le 06/08/2007 à 10h42)

Stephen King est un des premiers auteurs auquel j'ai commencé à m'interesser. Je n'avais pas de prédilection jusqu'alors. Ma tante posssédait déjà une belle bibliothèque à l'époque et j'ai choisi "Cujo" pour me tenir compagnie avant de m'endormir. Cujo est le nom d'un gros chien (un St Bernard) tout à fait sociable qui, manque de pot, attrape la rage et terrorise une famille. Tout se passe comme un huis clos autour du chien qui séquestre malgré lui de braves gens dans une maison. C'est sûr, King aurait pu écrire sur un caniche, mais ça n'aurait pas eu le même impact!

Plus tard, j'ai beaucoup aimé "la peau sur les os" qui évoque le calvaire d'un homme touché par un sort gitan, et qui a donné lieu à un film, comme nombres des textes de King (ce film était réussi, ce qui n'est pas le cas de tous!), ou encore "Shawshank", l'histoire du comptable emprisonné à tort qui s'évade de façon ingénieuse ("les évadés"), et puis "Salem" qui met en scène des vampires immoraux. Bref, l'oeuvre de cet auteur est trop vaste pour en faire le tour mais toujours très bien écrit et pas toujours monstrueux!

Extrait de "Différentes saisons" :

Parce que des types comme nous, Red, on sait qu'il y a une troisième voie. Entre rester blanc comme neige et se vautrer dans la boue. C'est le choix que font les adultes du monde entier. On évalue le trajet dans la porcherie d'après ce que ça nous rapporte. On choisit le moindre de nos maux et on essaye de ne pas perdre de vue ses bonnes intentions. Et je suppose qu'on sait où on en est si on arrive à dormir la nuit.. et d'après les rêves qu'on fait.

J'ai remué plus de souvenirs que je n'aurais cru possible. Ecrire sur soi-même ressemble beaucoup au geste de plonger un bâton dans une rivière limpide pour en remuer la boue du fond. 

Extrait de "Shawshank" (les évadés):

Certains oiseaux ne sont pas faits pour être mis en cage, c'est tout. Leurs plumes sont trop colorées, leur chant trop libre et trop beau. Alors on les laisse partir, ou bien ils s'envolent quand on ouvre la cage pour les nourrir. Une part de vous, celle qui savait au départ qu'il était mal de les emprisonner, se réjouit, mais l'endroit où vous vivez se retrouve après son départ d'autant plus triste et vide.

Extrait de "le corps":

Ce qu'il y a de plus important, c'est le plus difficile à dire. Des choses dont on finit par avoir honte, parce que les mots ne leur rendent pas justice. Les mots rapetissent des pensées qui semblaient sans limites, et elles ne sont qu'à hauteur d'Homme quand on finit par les exprimer. Mais c'est plus encore, n'est-ce-pas? Ce qu'il y a de plus important se trouve trop près du plus secret de notre coeur et indique ce trésor enfoui à nos ennemis, ceux qui n'aimeraient rien tant que de le dérober. On peut en venir à révéler ce qui nous coûte le plus à dire, et voir seulement les gens nous regarder d'un drôle d'air, sans comprendre ce que nous avons dit ou pourquoi nous y attachons tant d'importance que nous avons failli pleurer en le disant. C'est ce qu'il y a de pire, je trouve. Quand le secret reste prisonnier en soi non pas faute de pouvoir l'exprimer mais faute d'une oreille qui nous entende.

Les choses les plus importantes sont les plus difficiles à dire, les mots les amoindrissent. Il est difficile de faire en sorte que des inconnus s'intéressent aux bons moments de votre vie. 

La parole détruit les fonctions de l'amour me semble-t-il. Qu'un écrivain dise ça peut paraître énorme, mais je crois que c'est vrai. Ouvrez la bouche pour dire à un cerf que vous ne lui voulez aucun mal et vous le voyez filer avec un bref coup de queue. Le mot fait mal. L'amour n'est pas ce que des trouducs de poètes comme Mc Kuen veulent vous faire croire. L'amour a des dents et ses morsures ne guérissent jamais. Aucun mot, aucune combinaison de mots, ne peut refermer ces morsures de l'amour. C'est l'inverse qui est vrai, ironiquement. Quand ces blessures cicatrisent, ce sont les mots qui meurent.

J'y suis allé à cause des ombres que nous avons toujours derrière les yeux, ce que Bruce Springsteen appelle "les ténèbres à la lisière des villes" dans une de ses chansons, et à un moment ou à un autre, je crois que nous voulons tous défier ces ténèbres malgré ces corps brinquebalants que Dieu nous a donné, à nous, pauvres humains. Non, pas malgré ces corps mais grâce à eux.

Je l'ai regardé, muet de terreur. Il m'a sourit, mais d'un sourire éteint, horrible, qui n'atteignait pas ses yeux.

Tes amis te tirent vers le bas, Gordie. Tu ne le sais pas? (...) Tes amis. Comme des types qui se noient et qui se cramponnent à tes jambes. Tu ne peux pas les sauver. Tu peux seulement te noyer avec eux.

Les amis entrent et sortent de votre vie comme des serveurs de restaurant.

Copier/coller de vos com:

Softgallery: Je dois avoir une vingtaine de Stephen King dans ma bibliothèque...... Celui qui m'a faite le plus flipper, les trois tomes de "Ca" !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Mais je rafolais de l'ambiance ! cela fait un bail que je n'en ai pas lus !

 

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